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Sur les pistes du changement pour l'école

Enquête suédoise / (7) Célébrations et traditions

Résider en Suède entre les mois de mai et juin se révèle être le meilleur moyen de faire la fête ! En effet, cumulant la fin de l’année scolaire et le solstice d’été, toutes les occasions sont bonnes pour s’adonner aux joies des célébrations. De plus, pays un peu plus attaché à ses traditions que la France, la Suède réserve quelques surprises à l’observatrice que je suis.

Il y a d’abord la fin de du lycée, après le neuvième et dernier grade. Les futurs ex-lycéens ont alors 18 ans et terminent l’équivalent de notre classe de Terminale. L’examen final ayant été supprimé dans les années 60, cela concerne quasiment tous les Suédois de cet âge. Alors qu’en France cela se résume surtout à la lecture de son nom sur les listes d’admissions, le jeune Suédois marque cela avec faste et… beaucoup de bruit !

Il y a quelque chose de la fête des conscrits que connaissait (et connait encore à certains endroits) la France rurale : toute la journée est rythmée par divers moments de fête à la gloire des futurs étudiants. Ceux-ci sont d’abord accueillis dans leur établissement par un petit déjeuner composé de fraises et champagne. Puis toute la famille et les amis de l’heureux « graduated » viennent se réunir devant le lycée afin de le féliciter. Ingrédients des réjouissances : nombreux ballons jaunes et bleus, fleurs et pancartes illustrées de photos de jeunesse, avant une grande parade en char agrémentée de musique techno.

Un rite de passage largement commercialisé : une suissesse rencontrée par hasard, mère d’enfants suédois, me raconte le nombre de tenues nécessaires, les parades, réceptions et cadeaux… « Mais cela leur fait de beaux souvenirs ! » Et contribue ainsi à marquer très nettement un palier, celui du lycée à l’université. Le code vestimentaire est le plus souvent suivi à la lettre : robe blanche pour les filles, costume-cravate pour les garçons et chapeau traditionnel pour tous. La journée leur appartient, ils peuvent maintenant exprimer la plénitude de leur jeunesse dans toutes les rues de la ville !

De même, la célébration de fin d’études à l’université n’est pas oubliée. Alors que le phénomène semble peu à peut refaire son apparition en France, la Suède tient à son rituel proche des traditions américaines. Chaque université à ses habitudes : fleurs choisies pour leur couleur, speechs ritualisés, gestes symboliques, tenues… Les Suédois ne renonceraient pour rien au monde à ces fêtes si significatives dans une vie.

Au point qu’ils les étendent à d’autres âges de la vie ! C’est ainsi que j’assiste également à une fête en l’honneur de tous les enfants de 5 ans de la ville de Göteborg. Ceux-ci seront l’année prochaine en « grade 0 », première étape de l’école obligatoire. Ils deviennent alors de véritables élèves, l’occasion est donc prise de le signifier. Lors de la mini-cérémonie à laquelle j’assiste, spectacle de clown, réception d’un livre et accueil à la bibliothèque municipale de quartier.

Que signifie la succession de ces moments si structurés et socialement reconnus pour un enfant ? Il est difficile de se faire un avis à la lumière d’une simple observation. Cependant, on peut aisément imaginer la prise de conscience que cela permet à l’élève qui intègre alors sa propre progression dans les échelons de la vie. Elle est évidemment renforcée positivement par le fait que le redoublement n’existe pas en Suède et que l’école n’est pas là pour trier les élèves, tous étant accueillis dans la même école fondamentale.

Ce pays si attaché aux célébrations possède pourtant un contre-exemple étonnant : sa fête nationale. Celle-ci avait lieu le 6 juin dernier. Instituée depuis 1983, elle célèbre le jour anniversaire de l’élection du roi Gustav Vasa en 1953 et l’adoption de la nouvelle constitution de 1809, qui a fait de la Suède un « pays moderne ». Mais ce jour n’est férié que depuis 2005 et il semble que les Suédois se questionnent un peu sur la façon de fêter ce moment. Je me rends pour ma part à un concert en plein air durant lequel les familles choisissent de pique-niquer en écoutant d’une oreille distraite. Alors que l’orchestre entame l’hymne national, chacun s’observe et fini par agir comme son voisin : se lever et chanter sans trop de conviction !

La vraie fête traditionnelle de ces mois-ci est surtout le « Midsommar« , la Saint-Jean suédoise. La famille qui m’accueille a choisi, en mon honneur, d’avancer la date de quelques jours afin de me faire vivre ce moment ! Au menu : harengs marinés, bière, fleurs… Une véritable immersion dans l’immersion !
Et demain, avant-dernier jour, on se penche sur ce qui fait le succès des musées suédois : une attention permanente à l’interactivité avec le visiteur…

Des lectures :
Un article du monde sur ces universités françaises qui célèbrent de plus en plus la fin des études
Le plein de traditions suédoises 

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Cette entrée a été publiée le juin 8, 2012 par dans Dossiers, Enquête suédoise, et est taguée , , , , , , , .