Innoveducation

Sur les pistes du changement pour l'école

Enquête suédoise / (8) L’usager-citoyen au centre

En 1989, la loi d’orientation de l’Éducation Nationale française proclamait un enfant « au centre du système ». Après ces quelques jours passés dans les environs de Göteborg, cette posture largement controversée en France me revient en mémoire. Peut-être est-ce également l’influence de mon rapprochement avec la 27e région et son action pour une meilleure prise en compte des usagers dans les politiques publiques…


Alors que ce sont souvent les pères que l’on croise au volant des poussettes, celles-ci n’ont aucun mal à parcourir trottoirs, escaliers et magasins ! 

Tout au long de mon séjour, c’est un fait, je me suis peu à peu habituée aux choses « bien pensées » en amont : signalétique des espaces publiques, ascenseurs des immeubles, trottoirs à bateaux pour les nombreuses poussettes et vélos, … et j’en oublie car ce devient rapidement si évident !

Pour preuve, jetons un oeil à l’interactivité proposée au visiteur d’un musée. « Si les musées n’étaient pas amusants pour les enfants, personne ne s’y rendrait« , me dit Caroline. Certes, nous avons bien la Cité des Sciences, le Futuroscope, Vulcania, et d’autres… Mais quid du Louvre, du Musée d’Orsay, et même du Centre Pompidou ? Je les connais trop peu pour railler une totale absence d’interactivité mais j’ai été époustouflée par la façon naturelle de penser le trajet du visiteur et ses actions dans tous les musées que j’ai visités.

Tiroirs à ouvrir, jeux de société, légendage par questions, chasse au trésor, ateliers… On m’avait déjà parlé d’un musée norvégien où les enfants étaient invités à se déguiser en enfilant des costumes d’époque à leur taille. C’est ce même type de « cabine d’essayage » que je retrouve au Stadsmuseum de Göteborg. Nulle part, le visiteur ne peut rester simple observateur et lecteur. Et cela vaut aussi pour le Röhsska museum, musée de design, où non seulement l’exposition sur les tapisserie offre volontiers au visiteur de broder une nappe… mais où toute une partie du musée se fait bibliothèque et centre d’activités pour les enfants !

Et vous imaginez bien qu’au paradis des enfants, il serait surprenant que ceux-ci n’aient pas leurs espaces culturels dédiés ! Mon trop court séjour ne m’a cependant pas laissé le temps de me rendre à Universeum, musée à la gloire de la science et du dinosaure… Et malheureusement fermé pour quelques jours, je n’ai pas pu parcourir le musée des enfants du Stadsmuseum de Göteborg. Il parait que les nombreuses pièces à leur échelle (cuisine, théâtre, épicerie, ville, etc.), munies de tout leur équipement les enchantent réellement. Renseignement pris, un enseignant travaille bien à temps partiel pour le musée…

 

 

 

On y entre plié en quatre si on dépasse les 7 ans… et on ne peut alors que regretter cet âge en contemplant les costumes d’époques à enfiler, pensés dans leurs plus fins détails !

Cette interactivité, à l’heure du numérique, s’articule bien sûr de façon naturelle avec l’outil électronique. L’avancée sur ce point semble évidente dans tout le monde occidental selon la maxime contemporaine : « qui n’a pas d’existence sur la toile n’existe pas« . Et ce lien direct avec les technologies s’observe également dans les classes : celles que j’ai visitées étaient quasiment toutes équipées de tableaux interactifs et vidéoprojecteurs, comportant au minimum deux ou trois ordinateurs en plus de quelques portables… Leur utilisation semble se faire régulière, dans la lignée de la pensée de Freinet sur la recherche d’informations. « Très peu de filtrage et de la wifi partout » me confirme-t-on dans les écoles « il faut bien se donner les moyens de travailler ! ». Il me semble que la France est encore un peu éloignée de ce positionnement…

Je suis cependant surprise de la place du téléphone portable au pays des géants du domaine. Tous les enfants de plus de huit ans semblent posséder leur propre mobile… et il est rare que celui-ci ne soit pas dernier cri ! Les téléphones portables trônent sur les tables, au côté des trousses en tissus. « Cela dépend de l’enseignant, évidement » mais dans les faits, passé le grade 4, il semble qu’ils soient plus ou moins sur la même longueur d’ondes !

La place du numérique dans notre système scolaire ne cesse de se faire de plus en plus importante. Il est intéressant d’en observer les usages dans un pays qui a pris un peu d’avance sur la question. Si le recours aux technologies semble évident, c’est bien le « pourquoi et comment les utiliser ? » qui domine les questionnements. Et ce n’est pas pour me déplaire…

Voici venu le dernier jour en Suède. Je pars forte d’une expérience inoubliable.
Et vais pour la peine me fendre d’un dernier article formalisant cette fin !

Les notes de bas de page du jour :
Le Stadsmuseum de Göteborg
Le Röhsska museum
Universeum
– Une belle réflexion sur le numérique dans les classes en France par e.l@b 

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Un commentaire sur “Enquête suédoise / (8) L’usager-citoyen au centre

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